Chut!

Pourquoi t’écris plus ? Pourquoi tu jases plus ?

Parce que j’en ai ma maudite claque, that’s why.

Je suis fatiguée. Fatiguée des débats stériles sur les réseaux sociaux. Fatiguées des gens qui se forment une opinion avec le titre d’un article du Nouillorque Times. Fatiguée de la laideur de l’ère Trump. Fatiguée que tout doive nécessairement être noir ou blanc ; exit la nuance. Fatiguée qu’on s’insurge de tout, partout, tout le temps. Fatiguée du tsunami d’information à traiter. Fatiguée de l’omniprésente négativité, fatiguée du bruit de la grogne, fatiguée de toute.

Trump, la culture du viol, le sort des migrants, la montée de l’extrême droite, le mépris de nos politiciens, Denis Coderre et son baseball, l’impunité policière à Val-d’Or, la radio-poubelle, les salaires indécents des dirigeants d’entreprises, le vortex de déchêts du Pacifique, les coyotes massacrés pour orner les Canada Goose, Bombardier, les agressions sexuelles chez les militaires, les paradis fiscaux, l’inégalité hommes-femmes, les antivaccins, et les tapas servis sur des planches de bois, ça m’use l’âme.

On vit à une époque où tout le monde crie. On se hurle par la tête, on est certain de posséder la Vérité-avec-un-grand-V, on est devenu expert de tous les sujets, surtout les plus complexes. On se tape virtuellement sur la gueule, on monte sur nos grands chevaux, on crie à l’injustice, on se gifle à grands coups de billets Facebook, on règle ses comptes en 140 caractères.

Mais plus personne ne lit, plus personne n’analyse, plus personne n’approfondit, plus personne ne réfléchit. (Bon, plus personne, vous comprendrez que c’est une tournure de phrase, là. Parce que je le vois bien venir, le raz-de-marée de « tu généralises ».) Et même si on voulait faire l’effort de comprendre, de creuser, de se questionner, on est submergés par les infos. On se noie dans les faits, on étouffe sous le poids des images et des mots.

Je n’écris plus parce que c’est comme parler dans un concert de One Direction. Tout le monde aboie, personne ne s’écoute. Notre capacité d’attention collective oscille entre 27 et 83 secondes. Et chaque jour, on doit quand même gravir un Everest d’articles, de chroniques, de billets d’humeur.

Je n’écris plus parce que mêler ma voix à celle des autres, c’est amplifier le bruit déjà assourdissant.

Sur ce, je vais retourner regarder des photos de chats et lire des nouvelles qui font du bien. Du vrai bien.

5 Commentaires

  1. JM Ghoussoub dit :

    Je te comprends Christiane.

    Je te partage ce qui marche bien pour moi depuis une quinzaine d’année:

    1. Ne plus me nourrir des médias de masse (télé, radio, journal);
    2. M’abreuver d’histoires inspirantes;
    3. M’entourer de gens intelligents, positifs, respectueux et avec un biais pour l’action . Flusher ardemment tous les autres;
    4. Passer à l’action, à mon niveau pour un peu, tous les jours changer le monde;
    5. Prendre des vacances loin du bruit, complètement déconnecté. Pour moi: en voile dans les Caraïbes, dans un camp de chasse au fond de l’Abitibi ou en montagne dans le nord est des USA.

    Je te jure, ça fait le plus grand bien.

    JM

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  2. AMB dit :

    Sti que j’te comprends, woman. Des jours, j’ai juste le gout d’écrire MAIS FARMER DONC TOUTES VOS YEULES. Fait que je poste des photos de mes animox.

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  3. Daniel Giasson dit :

    Merci, mais en silence……

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