Les pigistes, cette confrérie toute féminine

Je célèbre cette semaine mes quatre ans de pige. Je regarde le petit empire que je me suis construit et c’est un cas de high five dans le miroir. Depuis mon entrée sur le marché du travail il y a exactement 20 ans, c’est mon record de longévité dans une job. Ça doit bien vouloir dire que j’ai enfin trouvé ma voie (après vous avoir fait subir ma voix).

La pige m’a appris un tas de choses, tant sur le métier que sur mes limites à moi (qui sont, à mon grand étonnement, pas mal plus élastiques que ce que je croyais). Grâce à la pige, j’ai fait des rencontres extraordinaires, j’ai travaillé sur des projets trippants et variés, je me suis débarrassée d’un tas d’idées préconçues. Mais ce qui m’impressionne le plus, c’est la drive toute féminine qui anime ce nomadisme professionnel.

Parce que oui, les pigistes en pub sont majoritairement des femmes, toutes disciplines confondues. Des service-conseils, des productrices, des créatives. Des femmes qui osent, qui ont du cœur au ventre, qui ont choisi la liberté professionnelle avec tout ce que ça implique de folie et de risques, qui sont immensément compétentes et qui se tiennent. Ce dernier point est important. À une époque où l’on tente de nous faire croire que les femmes qui réussissent doivent nécessairement bouffer leurs concurrentes tout rond, moi, ce que je constate, c’est plutôt la force du réseau et l’entraide.

Et j’imagine que parce que je parle fort, parce que je travaille partout, parce que je prends beaucoup de ma place, parce que j’aime le monde, je suis devenue une ressource pour les autres pigistes. Les taxes, la gestion des projets et du temps, le taux horaire, la peur de se lancer, les clients qui ne paient pas : on me consulte régulièrement, de manière informelle, pour savoir comment faire. Exactement comme quand j’ai moi-même profité des judicieux conseils de pigistes aguerries en 2014, quand j’ai envoyé valser la stabilité en même temps que Maurice.

Jamais je ne les vois comme des concurrentes. Jamais je ne sens qu’elles vont m’enlever des mandats. Jamais je n’hésite à les conseiller. D’une part, je sens que l’industrie glisse doucement vers un modèle léger, agile, où la pige prend de plus en plus de place. D’autre part, je trouve que c’est beau, toutes ces femmes qui songent à foncer, à déployer leurs ailes et à devenir des mini-entreprises garantes de leur propre succès.

La pige a bien raison d’être un nom féminin. Faut être fait solide pour s’accommoder de ce mode de vie au rythme souvent effréné. Et y’a rien de plus fort que les femmes.

 

 

 

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