La STM, microcosme de mauvaises manières

La relation que j’entretiens avec la STM en est une d’amour-haine. J’adore pouvoir être où j’ai besoin d’être en 30 minutes max. (Bon, « max », c’est évidemment quand il n’y a pas d’incident, de panne, d’explosion ou de mystérieux codes). J’adore le dou-dou-dou et l’odeur des freins en bois du métro, si caractéristiques de Montréal. J’adore les rencontres fortuites qu’on y fait immanquablement chaque semaine. Encore plus si c’est un beau gars dans un wagon ou un bus bondé : faut se coller. Et bien qu’on peste contre le prix de la carte mensuelle, reste que 80 $ pour se déplacer partout, c’est bien peu. En tout cas, c’est moins que bien des soirées à la Buvette…

SAUF QUE, la STM, c’est aussi un concentré de toutes les petites impolitesses de l’univers rendant la vie des autres momentanément misérable. Dans une seule voiture de métro ou un seul bus, on a un éventail complet de tout ce qui ne va pas sur la terre. Tout.

Les qui puent. Trop de parfum cheap, effluves d’efforts au gym (donc pas assez de parfum cheap), haleine du matin, haleine de café, le monde qui sent les draps chauds ou les cheveux de p’tit gars qui revient du camp de vacances, les vesses furtives dont on peut pas vraiment identifier l’émetteur et les buffets all you can eat garlic de la veille.

Les seuls au monde. Ceux qui ne voient pas la différence entre leur salon et leur wagon. Ceux qui se coupent les ongles, les filles qui sortent 5-4 kilos de cosmétiques pour se grimer pour la journée (on t’a vue moche, c’est plus la peine !), les accotés de tout leur long sur les barres d’appui, ceux qui mangent pis qui font des miettes, ceux qui pensent qu’on les voit pas glisser leurs vieux journaux sous le siège, ceux qui s’assoient par terre en pleine heure de pointe, ceux qui se curent le nez longuement, ceux qui payent leur trajet en petite monnaie.

Ceux qui s’en tapent. Ils sont au-dessus des messages de bienséance élémentaire de la STM. Pas besoin de ça, eux. Non, messieurs-dames. Des millions en pub et en indications claires, en veux-tu en v’là : des tites flèches par terre pour guider ceux-là mêmes qui les ignorent, des affiches pour demander de tenir son sac à la main, des écriteaux demandant de baisser le son de ses écouteurs ou de laisser sa place à une vieille dame. Mais non, ces gens-là considèrent que ces messages ne leur sont pas destinés.

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Les sans pudeur. Les conversations des autres sont, dans 97 % des cas, absolument inintéressantes. Surtout au téléphone. Les longues conversations téléphoniques immanquablement ponctuées de « hein » ou de « quoi » parce que la réception est mauvaise, c’est insupportable. Personne n’a envie de connaître ce que t’as à dire à ta maman ou à Océane/Jérémie/Samuel. Personne. Garde-toi une petite gêne pis appelle-les quand t’auras pas une audience de 60 personnes.

Les gigotteux. As-tu vraiment besoin de fouiller dans ton sac quand on est si serrés qu’on touche plus à terre? Ça peut pas attendre une petite minute? As-tu vraiment besoin de te faire aller la patte gauche sans arrêt, ta cuisse contre la mienne? Tes cheveux, là, ils peuvent peut-être attendre 2-3 stations avant que tu me les flippes dans le baume à lèvres?

C’est ce qui arrive partout, dès qu’on a un concentré d’humains. Mais c’est pire dans un espace clos. Un espace clos trop chaud dans un tunnel noir. Un espace clos trop chaud dans un tunnel noir plein de mal élevés. Mais ça, Elaine l’avait compris bien avant moi.

 

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