Brand shaming. Épisode 3

 

Biscuits Peek FreansIl n’y a pas vraiment de faute ici. On parlera plutôt d’une faute de bon goût. Y’a pas plus plate qu’un biscuit Peek Freans. Personne ne se lève un matin avec un gros craving de Peek Freans, contrairement, mettons, à des Oreo ou des Whippets. Personne. Que la caractéristique mise de l’avant soit la NOUVELLE FORME EMBALLANTE-AVEC-UN-POINT-D’EXCLAMATION, ça en dit long sur le produit. Wouhou! Un biscuit rond! Du jamais vu! Faut cesser de prendre le consommateur pour un plouc. Un biscuit rond, ça va de soi et c’est jamais plus emballant qu’un biscuit carré, octogonal ou trapézoïde. Surtout pas un biscuit Peek Freans sans sucre. Quand t’as rien à dire, suis le sage conseil de Patrick Huard.

 

« Les publicitaires d’aujourd’hui ont pour mandat de vendre une tonne d’objets inutile ».

Bien qu’on puisse obscurément arguer que c’est cette tonne qui est inutile, la construction de la phrase et le sens qu’on lui donne veulent que ce soit les objets qui sont inutiles. Donc au pluriel. Donc pas comme c’est écrit dans ce petit clip de Oui Marketing ayant refait surface au cours des dernières semaines. Après 15 ans en pub, je peux vous garantir qu’on ne m’a jamais demandé de vendre de tonnes. Utiles ou pas.

 

Club House, c’est l’histoire du directeur du marketing de Toronto qui a appris dans ses cours que les Québécois ont une grande jwah de vivrah et sont de fins gourmets, friands de plats bien relevés.

– Let’s do the commercial in French! Let’s reach this potential market of meat lovers! Who speaks French? (Looking around) You! Ashley! You’re from Montreal, right? You’ll do the VO!
– Uh, I’ve lived in Toronto since I was 5, my French is more than a little wobbly. Plus, I have no background in doing voices whatsoever. Not sure it’s such a great idea, boss.
– Don’t worry about it, I’m sure they won’t notice.
– But don’t you have to hire professionals from the Union des artistes ? I think it’s a law over there, boss.
– To hell with the crazy UDA mafia! I certainly won’t pay a professional and follow the law when I have you. My spot, my say. Ashley, you’re booked at 9 tomorrow morning.

Et voilà le résultat spectaculaire.

 

ITVAl serait si simple (et agréable, mais ça, c’t’une autre histoire) de blâmer TVA pour cette faute trop répandue. Malheureusement, le subjonctif du verbe voir semble avoir disparu complètement de toute forme de communication écrite. Plus personne n’écrit « il faudrait que je voie » ou « je ne veux pas que tu voies ». Même pas le plus gros groupe média de la province. TVArlis-toi donc. 

 

VanHoutte

Van Houtte fait dans le nul à deux niveaux. Le premier, où ils nous proposent de découvrir quel genre de café au lait on peut bien être. Mais on s’en contrefout suprêmement!!! C’est ça ton accroche? Demander aux gens quelle sorte de café ils sont? Après des brainstorms pis des briefs pis des allers-retours chez le client, c’est ÇA qui a été retenu?

Ensuite, comme le brief indiquait sans doute de « rejoindre les jeunes 18-35 », on a décidé d’écrire ladite accroche de manière phonétique, les jeunes écrivent comme ça dans leurs textos, on va leur montrer qu’on les comprend, on est cool nous aussi. L’utilisation du mot latte est déjà au haut de la liste des choses qui doivent cesser, avec urbain et champêtre. Mais « Quel latte té » c’est la cerise sur le sundae (devrais-je écrire sonnedé?) Pour me consoler, je repense aux paroles de mon amie Danielle qui me rappelle que ça se lit « La tétée ». Et même là, ça fonctionne : la tétée, c’est pour du lait, pis un latte, ben…
(mention spéciale au visuel de poudre de ketchup comme au cinéma Paramount dans les années 2000)

 

Mini

Mini, contrairement à ce que son nom laisse croire, fait les choses en grand. Alors tant qu’à faire des fautes, aussi bien en faire d’énormes.

Même s’il n’y avait pas de jeu de mots, la phrase « Elle va pogner cinq fois plus » aurait été désolante. Cela dit, je sais pas pourquoi on appelle ça un jeu de mots dans ce cas-ci : un jeu, c’est censé être plaisant, alors que cette exécution donne juste le goût de pleurer. Mais avec le « jeu de mots », ça devient tout simplement une insulte à l’intelligence. On comprend même que le rédacteur prononce vraiment ça des pognées de char et croit que tout le monde s’abaisse à son niveau.

On m’a expliqué que c’était pour annoncer le modèle cinq portières (et non portes comme le clament haut et fort tous les constructeurs automobiles, mais faut apparemment choisir ses batailles). Le hic, c’est qu’on ne comprend pas le message, restant accroché à l’injure visuelle qu’est cette phrase. Je mets ma main au feu que ce panneau causera des accidents. Et j’espère que le monsieur fru ayant déposé une plainte à l’OLFQ pour les pubs en anglais de Sugar Sammy prendra le temps (dont il semble avoir des réserves inépuisables) de passer un savon public à Mini, à ses agences et à ses conseillers marketing.

Si vous tombez sur d’autres bijoux publicitaires qui vous font saigner des yeux, n’hésitez pas à m’en faire part!

 

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